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Assumant pleinement la part de marginalité liée à l’expression artistique, Saindoune Ben Ali aime parfois faire parler son alter ego au nom d’esclave, Burungu Houmadi Bongo.

Saindoune Ben Alli est né à la fin des années 1960 à Mirontsy (Anjouan). Dans la quatrième de couverture de son recueil Testaments de transhumance, il affirme non sans ironie être « mort en 1978, piétiné par une foule carnavalesque dans les rues de son île natale, à l’annonce du coup d’État qui mit fin à la vie d’Ali Soilihi. » Il n’empêche qu’il est un auteur très actif, à la fois poète, critique et fondateur de collectifs d’artistes tel Djando la Waâdzishi.

Assumant pleinement la part de marginalité liée à l’expression artistique, Saindoune Ben Ali aime parfois faire parler son alter ego au nom d’esclave, Burungu Houmadi Bongo. Sa poésie secoue les mensonges de l’Histoire (légendes trompeuses, mémoires brouillées) dans le but d’appeler au sursaut sa communauté et plus particulièrement la jeunesse. Il s’agit d’échapper au mirage des départs comme à la sclérose des mansuétudes, de trouver aussi un langage apte à dire les identités mouvantes et plurielles.

Le verbe de Saindoune Ben Ali aux tonalités à la fois polémique, satirique et oraculaire impose dès la fin des années 1990 Testaments de transhumance en recueil phare pour des auteurs plus jeunes (Mohamed Anssoufouddine, Soeuf Elbadawi, Nassuf Djailani, Adjmaël Halidi…) qui expérimenteront des écritures différentes des premiers poètes comoriens francophones recensés par Carole Beckett dans son anthologie publiée en 1995.

– Linda Rasoamanana

Source : d’ile en ile

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