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LA MARCHE VERS L’INDÉPENDANCE

Aux Comores, les années 1960 ont été marquées par une résistance assez timide à la colonisation française. Les mouvements des indépendances africaines de cette époque avait largement influencé les comoriens particulièrement ceux qui étaient installés à Dar-Es-Salam.
Ceux-ci ont fondé en 1963 le MOLINACO (Mouvement de la Libération Nationale des Comores).Ils étaient les premiers à réclamer l’indépendance. Ceci nous laisse comprendre que la diaspora comorienne a toujours joué un rôle important dans l’histoire des Comores contrairement à ce que d’autres veulent nous faire comprendre. Toutefois, installé à l’extérieur du pays, le MOLINACO a parvenu difficilement à diffuser ses idées. Mais la création du PASOCO (Parti Socialiste des Comores) va finalement inciter une vraie prise de conscience du peuple comorien mais surtout à l’autodétermination. Ce qui a modifié le paysage politique comorien. Après avoir constaté l’autodétermination de la part des comoriens, la France a décidé d’organiser en décembre 1974 un référendum sur le changement de statut. Les comoriens ont opté, dans leur grande majorité (plus de 90% des suffrages exprimés), pour l’indépendance. A Mayotte, il y a eu cependant 8783 bulletins non contre 5110 bulletins oui. Ce qui a entraîné le détachement de cette île de l’archipel et la proclamation unilatérale de l’indépendance des Comores le 06 juillet 1975, par le Président du Conseil de gouvernement Ahmed Abdallah Abderemane. Il entre dans l’histoire des Comores comme le “père de l’indépendance “. Toutefois, déçu de la façon dont l’indépendance a été octroyée à l’archipel, des dissidents du PASOCO, du R.D.P.C avec le parti UMMA d’Ali soilihi le FNU (Front National Uni) sont créés en 1974 pour s’opposer au gouvernement Abdallah. C’est Ali soilihi, à la tête du FNU, qui a renversé Abdallah par un coup d état le 03 Août 1975, à peine un mois après la proclamation unilatérale de l’indépendance. Désormais, nous pouvons bien constater que malgré les efforts déployés par ces élites pour qu’un jour les Comores trouvent sa vraie indépendance , le pays continue à dépendre de l’extérieur dans presque tous les domaines. Alors pour traiter ce sujet, des questions méritent d’être posées: Qui bloque l’indépendance des Comores? Quel est le vrai sens d’une indépendance? En parlant des solutions à préconiser, le conflit ne peut-il pas être un moteur de changement?

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QUI BLOQUE L’INDÉPENDANCE ?
Il est exacte que certains citoyens pensent jusqu’à nos jours que c’est la France qui bloque l’indépendance. Cependant, nous l’admettons volontairement qu’il est claire et avéré que le colonialisme a commis des crimes dans l’archipel, qu’il a facilité une déculturation dans son enceinte. Nous sommes mêmes d’accord que la France a favorisé un enseignement qui œuvre à la considération de sa culture. Mais, nous le disons à voix haute qu’il fallait savoir que l’archipel des Comores n’était pas le seul pays du monde à avoir subi la colonisation. Nous sommes le pire des pays qui après la décolonisation connaissent une dépendance totale dans tout le domaine. A cet égard, comment peut-on croire que nous sommes indépendants alors que nous dépendons de l’extérieur à tous nos produits mêmes les PPN ? A quoi sert une indépendance avec un chômage grandissant, un taux d’échec scolaire élevé, une inflation galopante et une économie vulnérable dominée par des intérêts néocolonialistes ?

LE SENS D’UNE INDEPENDANCE
Cela est connu et avéré qu’Ali Soilihi reste la personnalité emblématique de l’histoire révolutionnaire des Comores. Les discours prononcés par « Mongozi » sont des théories qui trouvent la pertinence non pas par son éloquence mais par rapport à la pratique qui demeurait durant son règne le facteur déterminant. Et comme nous le savons «les idées justes ne peuvent venir que de la pratique sociale ». On constate justement qu’actuellement aux Comores, les idées des dirigeants sont jugées comme telles par rapport à la pertinence des mots. Et pourtant, l’indicateur de mesure de la vérité d’un discours est uniquement la mise en pratique de celui-ci. Contrairement à nos dirigeants actuels, « Mongozi » a toujours nourri le rêve de construire une société autonome qui met en pratique le sens de l’indépendance. Et pour Ali soilihi, l’indépendance des Comores doit impérativement être une indépendance économique. Raison pour laquelle, après avoir pris le pouvoir il a toute suite mis en place une politique purement économique marquée par la décentralisation des activités agricoles et commerciales. D’où la construction des Mudiriyats, qui avaient comme objectif de décentraliser les activités commerciales dans toutes les localités.

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CONFLIT COMME MOTEUR DU CHANGEMENT

Il convient de retenir que la prise de conscience est une exigence prioritaire pour le changement de l’archipel. Il est claire que personne ne viendra pas révolter à la place des comoriens. Pour ce, tout en préconisant une solution, notre réflexion va se baser sur une approche dynamique qui privilégie le conflit en tant que moteur du changement. Autrement dit, « les conflits ouvrent la voie aux transformations sociales, ils peuvent permettre surtout s’ils prennent une forme violente de renverser une situation ressentie comme injuste ». En d’autres termes, la politique scandaleuse des dirigeants comoriens qui met en péril le rêve d’un comorien, n’est pas un système figé, le peuple peut défaire ce système à l’issu d’un conflit ouvert pour l’instauration d’un modèle politique qui vise la bonne gouvernance. Il est certain que nos dirigeants profitent la naïveté du peuple comorien pour mener leur politique scandaleuse. A ce sens, l’approche dynamique du conflit peut être à la fois un signe de réveil au peuple et un refus à la politique scandaleuse. Notons que cette approche sera louable au peuple comorien, car nous avons vu récemment certaines réactions de la part du peuple comorien visant à dénoncer en huant les autorités politiques à leur présence. Nous en tirons la conclusion que la prise de conscience de la population comorienne fait son chemin. A vrai dire, ces huées sont normales puisqu’on n’a plus d’Etat, on a juste un « Etat voyou » dirigé par des groupes de gangs. Pour couronner le tout, il est de bon ton de dire qu’il est temps que les comoriens (hommes et femmes) se réunissent en foule pour dire « NON » à l’«Etat voyou ». Nous voulons insister sur l’évidence selon laquelle notre pays est ruiné uniquement par nos dirigeants. Ce sont eux qui bloquent l’indépendance et qui nous disent paradoxalement à chaque année de la fêtée.
“LA PATRIE OU LA MORT NOUS VAINCRONS “

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Youssouf Alihamid

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