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Articles du Magazine

Interviewer d’Azhar Bacar, Co-fondateur et Directeur du Développement du Start-up  Cbon Business.

  1. Azhar Bacar, vous avez participé au WSA en Juin dernier qui a eu lieu au Liban, pouvez vous nous en dire plus sur votre participation ?

Azhar Bacar : C’est d’abord un honneur pour moi d’avoir représenté mon pays pour la première fois aux activités du WSA en tant que concourant depuis sa créations en 2003 à nos jours.

Ensuite je tiens à vous dire que c’est un grand défi pour moi et un grand pas pour mes activités professionnels liés à la Nouvelle Technologie de l’Information et de la Communication.

  1. Parlez-nous de cet événement si particulier?

Azhar Bacar : C’est un concours sur l’innovation digital en contenue numérique qui rend services à la population dans les Communautés arabes.

Sous la Direction du WSA dans le cadre de leur programme de soutiens à l’innovation numérique en faveurs des 17 objectifs de développements des Nations Unis pour la lutte contre la pauvreté partout dans le monde d’ici l’horizon 2030.

  1. Comment s’est déroulé l’événement ?

Azhar Bacar : L’événement s’est déroulé en deux étapes sur deux jours successifs.

D’abord, après les traditionnels discours d’ouverture, il était question d’organiser par la suite une conférence débat ou table ronde sur des questions, justement liées à la création du contenu propre et favorable au monde Arabe et en Arabe.

 Ensuite les candidats venus dans les coins du monde Arabes, présentaient tour à tour les produits numériques innovateurs soumis à leurs inscriptions au concours devant un jury composé de membre de l’association des Professionnels de l’Informatique (Professional Computer Association des Professionnels du Liban-PCA) et du World Simmit Award.

  1. Quels sont les nouveaux horizons qui vous sont inspirés après ce voyage ?

Azhar Bacar : Bien évidemment, non seulement cela m’a ouvert beaucoup de portes ; mais aussi m’a encouragé et surtout m’a donné une raison de plus de persévérer dans mes activités et approfondir également des connaissances liés à la Nouvelle Technologie.

Cependant, avec la technologie justement, rien n’est devenu une fatalité et je crois que d’ici aux congrès International du WSA de 2020 à Vienne, pouvoir les épater et leurs montrer  qu’ils avaient raison de choisir un jeune comorien parmi les rares Jeunes Ambassadeurs du WSA partout dans le monde.

  1. Quels sont devenues vos visions actuelles ?

Azhar Bacar : Mes visions sont toujours les mêmes : viser plus haut et surtout croire en moi et en mon pays, en la nouvelle génération, cette jeunesse connectée. Croire à un avenir dans mon pays, surtout pour la jeunesse et par la jeunesse.

  1. Et comment vous situez- vous actuellement après cet événement ?

Azhar Bacar : Si je devais me situer quelque part après cet événement, je me vois sans doute encore plus comorien que jamais et encore plus déterminé à me libérer de certaines barrières qui détruisent la jeunesse comorienne.

Je me situe dans une ligne d’espoir, une vision plus claire sur la nécessité et l’utilité de la Technologie pour le Développement du monde en général, de l’Afrique et de mon pays, les Comores en particulier.

Article apparue dans Inti-slam Magazine Numéro 14

L’homme est surement la plus haute et la plus complète des technologies.

Une science technique qui n’a jamais cessé d’évoluer en son sein malgré ses actes démesurés de son impulsion au détriment de son existence même.

Apres la deuxième guerre mondiale, le monde a connu la plus grande crise économique jamais connue dans l’histoire de l’humanité.

Le chômage avait atteint un niveau inimaginable, l’inégalité sociale avait explosé partout  dans les quatre coins du monde. En même temps que le monde en générale et l’Amérique en particulier cherchaient les voies et les moyens de lutter contre la crise dans tous les fronts : pénurie, gestion du temps et coût de la production ; il est apparu en l’espace d’un siècle la découverte et la mise en application de la technologie industrielle numérique.

On assistait à la naissance des machines, qui vont remplacer l’homme dans les tâches industrielles et ménagères.

La frustration s’installait au fil du temps dans la société, jusqu’à imaginer à un soulèvement de ses machines  contre l’homme en plus de perte d’emplois de plusieurs ouvriers.

Mais une chose est sûr, jamais l’homme ne pourra défier le créateur .Cela va de soi que les machines faites par l’homme ne pourront jamais le remplacer dans la vie courante. Seulement, l’homme est appelé à s’adapter à ses « outils » de tout niveau.

La preuve en est qu’aujourd’hui, il y a des gens qui travaillent dans leurs foyers. Ce qui réduit les risques d’accident pour aller au travail, mais aussi diminue les heures de travail au profit de l’humain pour avoir un peu plus de temps avec sa famille.

Grâce à internet, aujourd’hui, la mondialisation est plus qu’un rêve, mais une réalité qui a bouleversé la vie des hommes que les machines qu’ils utilisent pour s’interconnecter en permanence.

Comme tout outils de travail, il faut une formation, une adaptation et une prise en main de l’outil technologique à fin de l’utiliser pour un but bien précis.

L’intelligence artificiel restera toujours artificielle et sera au contrôle de celui qui l’a programmé.

Peut être, s’il y a des changements qui seront observés c’est que l’homme deviendra plus chef et ordonnateur de plus de machines que de son semblable. D’où l’homme s’approche de plus en plus de sa dignité et le respect de l’autrui.

Tout de même, la Question qui se pose est de savoir comment concilier technologie, liberté (démocratie) et sécurité ?

Azhar Bacar

Technicien en NTIC

Jeune Ambassadeur du World Summit Awards

Article apparue dans Inti-slam Magazine Numéro 14

Démocratie
Elle me semblait une bonne amie.
Où je vais, je ne trouvais que ses traces,
Je n’avais jamais vu sa face.
Est-elle des Amériques, d’Afrique ou de France ?
Quand je l’attendais ici, elle fréquente en face.
Papa ! me disait un enfant qui s’agace :
-La démocratie, est-elle un nouveau
Papa ! me disait un enfant qui s’agace
-La démocratie, est-elle un nouveau divertissement ? Ou code d’investissement ?
C’est le domino, l’échec ou une course de pistes,
Mon fils, ce n’est aucun de ce que tu listes.
-C’est le jeu des séniors,
Chacun dans son QG, parle et séduit puis le peuple tranche.
-Ah !c’est un défilé de mode ?
-Non c’est un déferlement de monde,
On gagne ou on perd c’est tout.
C’est un jeu, qui a autant d’arbitres que des joueurs
En définitive c’est
Dieu qui siffle la fin de la partie,
– Quand, il y a litige, comment tranchera-t-
IL ? -Il apaise les cœurs des joueurs,
Dieu est-il d’accord de l’absurdité des jeux ?
-Dieu est patient, mais Il juge entre les deux -combien de temps durera un tournoi ?
-Ça dépend mon fils, quatre, cinq ou sept ans.
-Y va-t-il un trophée en fin de parcours ?
-Oui le trophée c’est la République
-la République ?
Donc, le parcours doit être sinueux et inique!
-Oui, c’est comme la formule 1
L’organisateur détermine le parcours du circuit.
Attention !
Aux déviations discrètes indiquées sur la piste.
Pour les pilotes non avertis, ils resteront médusés jusqu’à la course.
Personne ne gagnera la bourse.
-Père, c’est bien un jeu difficile,
Eh !oui si tu le croyais si facile, tu mettras beaucoup de temps pour comprendre.
Mets-toi à écouter et à apprendre
Mets-toi à écouter et à apprendre.
Papa, la démocratie est tout, sauf un jeu.
-d’après toi, à quoi peut ressembler un jeu qui renferme plusieurs enjeux.
-C’est plutôt la « géroncratie. » c’est votre pouvoir papa.
C’est bien le vôtre.

Imadoudine Ahamada

Assumant pleinement la part de marginalité liée à l’expression artistique, Saindoune Ben Ali aime parfois faire parler son alter ego au nom d’esclave, Burungu Houmadi Bongo.

Saindoune Ben Alli est né à la fin des années 1960 à Mirontsy (Anjouan). Dans la quatrième de couverture de son recueil Testaments de transhumance, il affirme non sans ironie être « mort en 1978, piétiné par une foule carnavalesque dans les rues de son île natale, à l’annonce du coup d’État qui mit fin à la vie d’Ali Soilihi. » Il n’empêche qu’il est un auteur très actif, à la fois poète, critique et fondateur de collectifs d’artistes tel Djando la Waâdzishi.

Assumant pleinement la part de marginalité liée à l’expression artistique, Saindoune Ben Ali aime parfois faire parler son alter ego au nom d’esclave, Burungu Houmadi Bongo. Sa poésie secoue les mensonges de l’Histoire (légendes trompeuses, mémoires brouillées) dans le but d’appeler au sursaut sa communauté et plus particulièrement la jeunesse. Il s’agit d’échapper au mirage des départs comme à la sclérose des mansuétudes, de trouver aussi un langage apte à dire les identités mouvantes et plurielles.

Le verbe de Saindoune Ben Ali aux tonalités à la fois polémique, satirique et oraculaire impose dès la fin des années 1990 Testaments de transhumance en recueil phare pour des auteurs plus jeunes (Mohamed Anssoufouddine, Soeuf Elbadawi, Nassuf Djailani, Adjmaël Halidi…) qui expérimenteront des écritures différentes des premiers poètes comoriens francophones recensés par Carole Beckett dans son anthologie publiée en 1995.

– Linda Rasoamanana

Source : d’ile en ile

1- slameur engagé depuis le mouvement des jeunes slameurs en l’an 2000, peux tu nous en dire plus sur toi ?
R : S(a)lam, on m’appelle poésie Ali Ben YAHAB, né à Mbeni hamahamet il y a 20 ans. Je suis membre et fondateur du collectif Mbeni Art et PoeSlaMusical. Je fais partie aussi du groupe The Masiwa 4 qui regroupe des jeunes talents Comoriens. Je parcours depuis plus de 5ans De ville en ville et mes poèmes mes seuls bagages. On me considère comme un artiste, aussi un poète-Slameur, mais en vérité je ne suis ni l’un ni l’autre, je suis juste vivant.
2- C’est quoi pour toi l’écriture ?
R : Elle est pour moi un mystère qui complète les utopies qui manquent à nos vies. L’écriture a cette capacité de nous dire des choses de nous-mêmes et de donner du sens à notre présence au monde.
3 Est-elle pour toi comme ta femme ou bien juste une compagne de route ?
R : Lol, je dirais qu’elle est ma pute de luxe. Aussi loin que Je m’en souvienne, l’écriture a toujours fait partie de ma vie. L’écriture est la substance de mon être. J’ai toujours voulu écrire même si je n’avais aucune idée au début. Je voulais écrire c’est tout. Et à un certain moment je détestais écrire. Je ne trouvais pas les mots pour exprimer mes pensées, j’ai été bloqué un peu partout et cela me Faisait vraiment mal. J’avais abandonné l’écriture. Il a fallu attendre l’arrivée De Zamzam El-had pour me parler de Mbeni Art ; c’est à ce temps que Je me suis souvenu de cette pute (l’écriture). Dieu merci elle était toujours Restée là où je l’avais laissée. Elle attendait mon retour.
4-Tu es l’un des fondateurs du collectif Mbeni art, pourquoi l’avoir créer ?
R : Oui je suis l’un des membres fondateurs du club. On a créé le collectif parce que la poésie est dans une philosophie de partage. On a remarqué qu’on était nombreux et nombreuses à s’intéresser à l’écriture. On se connaissait déjà grâce au Cercle de poésie organisé à chaque samedi au Clac de Mbeni. Mais la majorité d’entre nous avaient peur de se lever et de lire leurs textes. Mbeni a vu le jour avec l’objectif de faire sortir nos textes de nos carnets car, comme je l’ai déjà dit, la poésie doit être écrite, la poésie doit être lue et la poésie doit être partagée.
5-Cependant depuis quelques années, on attend plus parler de Mbeni .
R :- Oufff, À Mbeni et même à Ngazidja. Il est vrai que Mbeni Art a remis le slam au goût du jour. On a organisé plusieurs scènes ouvertes de poésie et de Masterclass. On a même accueilli chez nous pendant une journée l’édition 1 et 2 du festival de Sakara “Slamer un pied sur la lune”. Tout semble être carrément poétique. Mais l’erreur qu’on a faite, Nous les membres du club, on n’a pas pensé à avoir une relève. Les membres ont eu leur Bac et ils sont partis à l’extérieur. Et moi, pour ne pas laisser le combat parce-que je crois que le Slam peut sauver le monde, j’ai créé en 2017 PoéSlaMusical avec mon fils de plume Hicham et mes musiciens. Même on a déjà organisé notre premier concert littéraire en janvier 2017.
6-Quels sont tes moments de délires les plus fous ?
R : hhhhhh. Quand mes musiciens et moi improvisons sur scène. Quand on crée des refrains baragouins, et avec nos rires on dit que c’est du créole ou de lingala. MDR. Parce qu’on a cet amour pour ces deux langues qu’on ne connaissait même pas hhhhhh.
7. Parles-nous maintenant de tes projets artistiques et littéraires ?
R : Actuellement j’en porte deux. Premièrement, à mes 16ans, J’ai commencé un recueil de poèmes en prose, et à chaque fois que je veux le finir je pense à ce vers. J’ai l’impression que l’auteur me parle. <Tu es pressé d’écrire comme si tu étais en retard sur la vie.> C’est exactement ce que je ressens. Cette phrase brille et me marque encore aujourd’hui. Et secondo je suis en train de monter un spectacle en 50 minutes avec Intislam. On espère faire une tournée de ville en ville et aussi d’île en île inch’Allah.
8. De qui t’inspires-tu ?
R : En parlant d’inspiration. Je m’inspire de quatre personnes. Ils sont pour moi des professeurs d’espérance. Il y a Marc Alexandre Oho Bambe, John Lennon avec sa chanson « Imagine ». Elle est pour moi la meilleure chanson de tous les temps. Il faut juste que je l’écoute pour que la plume de Ronsard débarque dans mes mains. Il y a aussi Mathieu Chedid qui joue de la musique de l’âme et enfin Intissam Dahilou.
9- Que te dis cette phrase « l’art et les Comores » ?
R : Cette phrase dit beaucoup pour moi. Mais, en bref l’art est notre manière de venir au monde, même si notre gouvernement ne nous facilite pas. L’art est en urgence aux Comores. Dans ce pays Frénétique où l’on est toujours en train de courir, je vous invite d’aller Faire un tour au CCAC-Mavuna, vous verrez ces jeunes aux talents Incomparables, qui ne demandent rien au gouvernement que d’être écoutés.
10Un dernier mot ?
R : Le poème n’est accompli que s’il se fait chant, parole et musique en même temps. Je vous offre mon sourire.

LA MARCHE VERS L’INDÉPENDANCE

Aux Comores, les années 1960 ont été marquées par une résistance assez timide à la colonisation française. Les mouvements des indépendances africaines de cette époque avait largement influencé les comoriens particulièrement ceux qui étaient installés à Dar-Es-Salam.
Ceux-ci ont fondé en 1963 le MOLINACO (Mouvement de la Libération Nationale des Comores).Ils étaient les premiers à réclamer l’indépendance. Ceci nous laisse comprendre que la diaspora comorienne a toujours joué un rôle important dans l’histoire des Comores contrairement à ce que d’autres veulent nous faire comprendre. Toutefois, installé à l’extérieur du pays, le MOLINACO a parvenu difficilement à diffuser ses idées. Mais la création du PASOCO (Parti Socialiste des Comores) va finalement inciter une vraie prise de conscience du peuple comorien mais surtout à l’autodétermination. Ce qui a modifié le paysage politique comorien. Après avoir constaté l’autodétermination de la part des comoriens, la France a décidé d’organiser en décembre 1974 un référendum sur le changement de statut. Les comoriens ont opté, dans leur grande majorité (plus de 90% des suffrages exprimés), pour l’indépendance. A Mayotte, il y a eu cependant 8783 bulletins non contre 5110 bulletins oui. Ce qui a entraîné le détachement de cette île de l’archipel et la proclamation unilatérale de l’indépendance des Comores le 06 juillet 1975, par le Président du Conseil de gouvernement Ahmed Abdallah Abderemane. Il entre dans l’histoire des Comores comme le “père de l’indépendance “. Toutefois, déçu de la façon dont l’indépendance a été octroyée à l’archipel, des dissidents du PASOCO, du R.D.P.C avec le parti UMMA d’Ali soilihi le FNU (Front National Uni) sont créés en 1974 pour s’opposer au gouvernement Abdallah. C’est Ali soilihi, à la tête du FNU, qui a renversé Abdallah par un coup d état le 03 Août 1975, à peine un mois après la proclamation unilatérale de l’indépendance. Désormais, nous pouvons bien constater que malgré les efforts déployés par ces élites pour qu’un jour les Comores trouvent sa vraie indépendance , le pays continue à dépendre de l’extérieur dans presque tous les domaines. Alors pour traiter ce sujet, des questions méritent d’être posées: Qui bloque l’indépendance des Comores? Quel est le vrai sens d’une indépendance? En parlant des solutions à préconiser, le conflit ne peut-il pas être un moteur de changement?

QUI BLOQUE L’INDÉPENDANCE ?
Il est exacte que certains citoyens pensent jusqu’à nos jours que c’est la France qui bloque l’indépendance. Cependant, nous l’admettons volontairement qu’il est claire et avéré que le colonialisme a commis des crimes dans l’archipel, qu’il a facilité une déculturation dans son enceinte. Nous sommes mêmes d’accord que la France a favorisé un enseignement qui œuvre à la considération de sa culture. Mais, nous le disons à voix haute qu’il fallait savoir que l’archipel des Comores n’était pas le seul pays du monde à avoir subi la colonisation. Nous sommes le pire des pays qui après la décolonisation connaissent une dépendance totale dans tout le domaine. A cet égard, comment peut-on croire que nous sommes indépendants alors que nous dépendons de l’extérieur à tous nos produits mêmes les PPN ? A quoi sert une indépendance avec un chômage grandissant, un taux d’échec scolaire élevé, une inflation galopante et une économie vulnérable dominée par des intérêts néocolonialistes ?

LE SENS D’UNE INDEPENDANCE
Cela est connu et avéré qu’Ali Soilihi reste la personnalité emblématique de l’histoire révolutionnaire des Comores. Les discours prononcés par « Mongozi » sont des théories qui trouvent la pertinence non pas par son éloquence mais par rapport à la pratique qui demeurait durant son règne le facteur déterminant. Et comme nous le savons «les idées justes ne peuvent venir que de la pratique sociale ». On constate justement qu’actuellement aux Comores, les idées des dirigeants sont jugées comme telles par rapport à la pertinence des mots. Et pourtant, l’indicateur de mesure de la vérité d’un discours est uniquement la mise en pratique de celui-ci. Contrairement à nos dirigeants actuels, « Mongozi » a toujours nourri le rêve de construire une société autonome qui met en pratique le sens de l’indépendance. Et pour Ali soilihi, l’indépendance des Comores doit impérativement être une indépendance économique. Raison pour laquelle, après avoir pris le pouvoir il a toute suite mis en place une politique purement économique marquée par la décentralisation des activités agricoles et commerciales. D’où la construction des Mudiriyats, qui avaient comme objectif de décentraliser les activités commerciales dans toutes les localités.

CONFLIT COMME MOTEUR DU CHANGEMENT

Il convient de retenir que la prise de conscience est une exigence prioritaire pour le changement de l’archipel. Il est claire que personne ne viendra pas révolter à la place des comoriens. Pour ce, tout en préconisant une solution, notre réflexion va se baser sur une approche dynamique qui privilégie le conflit en tant que moteur du changement. Autrement dit, « les conflits ouvrent la voie aux transformations sociales, ils peuvent permettre surtout s’ils prennent une forme violente de renverser une situation ressentie comme injuste ». En d’autres termes, la politique scandaleuse des dirigeants comoriens qui met en péril le rêve d’un comorien, n’est pas un système figé, le peuple peut défaire ce système à l’issu d’un conflit ouvert pour l’instauration d’un modèle politique qui vise la bonne gouvernance. Il est certain que nos dirigeants profitent la naïveté du peuple comorien pour mener leur politique scandaleuse. A ce sens, l’approche dynamique du conflit peut être à la fois un signe de réveil au peuple et un refus à la politique scandaleuse. Notons que cette approche sera louable au peuple comorien, car nous avons vu récemment certaines réactions de la part du peuple comorien visant à dénoncer en huant les autorités politiques à leur présence. Nous en tirons la conclusion que la prise de conscience de la population comorienne fait son chemin. A vrai dire, ces huées sont normales puisqu’on n’a plus d’Etat, on a juste un « Etat voyou » dirigé par des groupes de gangs. Pour couronner le tout, il est de bon ton de dire qu’il est temps que les comoriens (hommes et femmes) se réunissent en foule pour dire « NON » à l’«Etat voyou ». Nous voulons insister sur l’évidence selon laquelle notre pays est ruiné uniquement par nos dirigeants. Ce sont eux qui bloquent l’indépendance et qui nous disent paradoxalement à chaque année de la fêtée.
“LA PATRIE OU LA MORT NOUS VAINCRONS “

Youssouf Alihamid

Cependant le désir à vouloir poursuivre leur chemin vers la liberté, malgré l’attitude française qui accorde à Mayotte le droit de rester française, il se déclare unilatéralement l’indépendance du pays le 06 Juillet 1975.

Sur les terres fécondes d’Anjouan, où à chaque petit matin, dés qu’on entend le chant des coqs et du muezzin, la mélodie des pioches résonnent au loin, entre les champs remplis de  femmes actives qui s’abaissent et se relèvent au rythme de leur labeur. C’est sur cette terre, à travers leurs chansons en choral que née  Ahmed Abdallah Abderrahmane le 12 Juin 1919 ou il apprend à développer son audace personnalité. D’ailleurs l’amour de la terre qu’il côtoie depuis son jeune âge le pousse à devenir plus tard propriétaire terrien et commerçant. Sa dernière fonction le met sur un piédestal qui fait de lui un homme influent, connu dans les iles de la lune. Et bien sûr, ses relations dans les affaires ne le laissent pas sans mention. Au moment même où il reçoit le titre de notable, il est élu au conseil général pour occuper ensuite le poste de président en 1950. Ahmed Abdallah Abderemane profite en même temps de son influence d’homme d’affaire pour un voyage pour la première fois en France en 1951. Un voyage qui lui ouvre plusieurs portes et dont il en profite pour appuyer sa carrière d’homme politique. En 1953, il siège à l’Assemblée de L’union française pour ensuite monter les marches jusqu’ au titre de sénateur en 1959.

A partir de là il apprend à devenir un homme responsable et déterminé quand  au devenir des Comores. C’est  d’ailleurs pour cela qu’il a été désigné en 1972 président du conseil d gouvernement dans le but de négocier l’indépendance des Comores.  Ses compatriotes  lui donne cette grande tache de mener le pays à la décolonisation de La France, au cours d’une époque ou beaucoup de pays colonisés ont pu y accéder.

Désireux d’en faire aussi parti, Ahmed Abdallah Abderemane  devient le premier ministre du pays. Et suite à plusieurs négociations avec la grande puissance, un referendum organisé en 1974 montre clairement la volonté du pays à l’exception de Mayotte, à devenir indépendant. Cependant le désir à vouloir poursuivre leur chemin vers la liberté, malgré l’attitude française qui accorde à Mayotte le droit de rester française, il se déclare unilatéralement l’indépendance du pays le 06 Juillet 1975.

Une victoire qui ne fait pas taire pour longtemps la voie vers la liberté nouvellement obtenue  et pourtant controversée un mois plus tard par un coup d’Etat fomenté par Ali Soilihi qui envoie Ahmed Abdallah Abderemane en exil en France :Son désir de vouloir en finir avec ce qu’il a commencé le fait remettre au galop par un deuxième coup d’Etat en 1978 aidé par Bob Denard , celui la même qui l’avait capturé pour le compte d’Ali Soilih, . Puis il reprend la direction du pays.

Seul candidat, il est élu la même année président de la république fédérale islamique des Comores. A sa présidence, il installe un régime dictatorial, aidé par les mercenaires qui contrôlent le pays. Cependant il ne restera pas longtemps président des Comores car le 26 Novembre 1989, il est assassiné  dans des circonstances mystérieuses.

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Article apparue dans Inti-slam Magazine Numéro 13

Interview de Soulé Antoyi Abdou  du collectif Art 2 la plume sur leur prochain spectacle de pièce musical en slam-théâtre « un kassa kwassa pour le paradis ou pour fuir l’enfer » prévue  le 04 et le 05 Juillet à 13h à l’IBIS Hôtel et au Centre Germano Malagasy (CGM) Analakely à partir de 18h00.

1. Pourquoi avoir choisi le 05 Juillet pour jouer votre spectacle « un kwasa kwassa pour le paradis ou pour fuir l’enfer » ?
R : A la veille de notre fête nationale, nous voulons dire à nos compatriotes et au reste du monde que notre indépendance est encore à compléter. Car une partie du pays est encore sous les mains du colonisateur. Une honte.

2. Etes vous convaincu de l’indépendance comorienne ?
Nous sommes convaincus d’avoir un pays, une nation, un drapeau, un hymne, des institutions, une constitution etc. Mais le tout cela reste incomplet. L’intégrité territoriale est gravement menacée. Cela donne des idées farfelues à tous les chantres du séparatisme qui à plusieurs reprises essaient de donner raison aux partisans d’une Mayotte française. Si nous nous taisons sur cette colonisation de Mayotte et fêtons notre indépendance à 3 îles, peut-être que demain nous allons la célébrer à 2.

3. Quel est votre position sur cette question en tant qu’Artiste ?
MT Soly qui est l’auteur de cette pièce privilégie souvent la position humanitaire. C’est une situation qui ne demande pas d’être artiste ou comorien pour la condamner. Mais vous constaterez qu’au fil du texte, la colère et l’indignation de Soly en tant que comorien ont dominé le texte. C’est dans cet esprit là que nous abordons ce drame.

4. Qu’espérez vous en jouant cette pièce ?
R : C’est un hommage à tous les martyrs du visa Balladur et à tous ceux qui partent de chez eux à la recherche d’une terre d’asile. Sur le plan artistique nous voulons explorer la liberté qu’offre le slam en tant que genre littéraire et musical.

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